Crédit d'impôt jardinage : de 50 à 40 %, ce que l'amendement du 7 octobre changerait pour ceux qui font entretenir leur jardin

Vous payez quelqu'un pour tondre, tailler la haie ou soigner vos fruitiers ? Le 7 octobre, des députés ont voté en commission un amendement qui ferait passer le crédit d'impôt de 50 à 40 % pour le jardinage. Rien n'est définitif : le texte arrive dans l'Hémicycle à partir du 13 octobre.
En bref
- Adopté en commission le 7 octobre, l'amendement ramènerait le crédit d'impôt de 50 à 40 % pour le jardinage.
- Garde d'enfants et aide aux personnes âgées, dépendantes ou handicapées resteraient à 50 %.
- Le texte arrive dans l'Hémicycle à partir du 13 octobre, ses auteurs espérant 865 millions d'euros d'économies l'an prochain.
Le chiffre clé : 40 %, taux du crédit d'impôt proposé pour le jardinage, contre 50 % aujourd'hui.
Le taux du crédit d'impôt passerait de 50 à 40 % pour le jardinage
Aujourd'hui, quand vous employez un salarié à domicile pour entretenir votre jardin, vous récupérez 50 % des sommes dépensées dans l'année. Le plafond est de 12 000 euros. L'amendement adopté mercredi 7 octobre par la commission des finances de l'Assemblée nationale ramènerait ce taux à 40 %.
Concrètement, chaque facture d'entretien vous reviendrait plus cher après impôt. Le jardinage est cité noir sur blanc parmi les activités touchées, au même titre que le ménage, le bricolage et l'assistance informatique. Vous n'y échapperiez donc pas en rangeant votre dépense dans une autre case.
L'amendement a été déposé par la députée socialiste Christine Pirès-Beaune. Autre détail qui compte : contrairement à l'an dernier, le gouvernement n'a pas inscrit cette mesure dans son projet de budget. L'initiative vient des députés eux-mêmes, ce qui explique qu'elle puisse encore bouger.
Seules la garde d'enfants et l'aide aux personnes âgées seraient épargnées
La baisse ne viserait pas uniquement le jardin. Elle s'appliquerait à toutes les activités du dispositif, sauf deux familles de services. Voici ce que cela donnerait :
| Activité | Taux aujourd'hui | Taux proposé |
|---|---|---|
| Jardinage | 50 % | 40 % |
| Ménage et travaux ménagers | 50 % | 40 % |
| Bricolage | 50 % | 40 % |
| Assistance informatique | 50 % | 40 % |
| Garde d'enfants | 50 % | 50 % |
| Assistance aux personnes âgées, dépendantes ou handicapées | 50 % | 50 % |
Le ménage pèse lourd dans la balance. L'entretien de la maison et les travaux ménagers représentent à eux seuls la moitié du coût du dispositif. Le jardinage n'est qu'une des lignes de cette liste, mais il serait traité comme le reste.
Rien n'est voté : le débat dans l'Hémicycle commence à partir du 13 octobre
Gardez la mesure en perspective. Il s'agit d'un vote en commission, pas du vote final. Les députés examineront le texte dans l'Hémicycle à partir du 13 octobre. D'ici là, et pendant les débats, l'amendement peut être confirmé, modifié ou abandonné.
Votre budget jardin de l'année en cours n'est donc pas remis en cause par ce seul vote. Inutile de résilier l'intervention de votre jardinier sur un coup de stress. Le plus utile à faire maintenant est simple : retrouvez vos factures d'entretien de l'année, additionnez-les, et regardez ce que représenterait pour vous un taux de 40 % au lieu de 50 %.
Si vous confiez la taille de vos fruitiers, l'entretien de la haie ou le nettoyage de l'automne à un professionnel, ce petit calcul vous dira si la réforme, au cas où elle serait votée, pèserait sur votre budget de l'an prochain. Mieux vaut le savoir avant de planifier les travaux d'hiver.
Un crédit d'impôt de plus de sept milliards d'euros dans le viseur
Si ce crédit d'impôt est visé, c'est d'abord pour son coût. Il dépasse sept milliards d'euros pour l'État et augmente sans cesse depuis plusieurs années. Dans un rapport de 2024, la Cour des comptes qualifiait déjà la liste des activités concernées d'« hétéroclite ».
Les auteurs de l'amendement chiffrent l'économie à 865 millions d'euros dès l'an prochain. C'est ce chiffre qui motive la proposition, bien plus que le jardinage lui-même.
- Coût actuel : plus de sept milliards d'euros
- Économie attendue par les auteurs : 865 millions d'euros l'an prochain
- Précédent : le secteur avait échappé aux coupes budgétaires l'an dernier
Cette dernière ligne compte. Une mesure écartée une année peut revenir l'année suivante, portée cette fois par des parlementaires plutôt que par le gouvernement.
Les professionnels redoutent une chute de la demande et le retour du travail non déclaré
Les entreprises du secteur ne cachent pas leur inquiétude. Elles craignent une baisse de la demande, que ce crédit d'impôt soutenait jusqu'ici. Elles anticipent aussi des faillites et un retour du travail non déclaré.
Pour vous, jardinier amateur qui fait appel à de l'aide, l'enjeu est double. D'un côté, le prix net de la prestation pourrait grimper si le taux baisse. De l'autre, ces alertes montrent que le débat sera disputé. Le sort du texte dépendra de ce que décideront les députés dans l'Hémicycle.
En attendant, conservez vos justificatifs et suivez les débats à partir du 13 octobre. Si le taux de 40 % était confirmé, vous saurez chiffrer l'écart sur vos propres factures, sans attendre la déclaration de revenus.
Vos questions
Le crédit d'impôt jardinage va-t-il vraiment passer à 40 % ?
Pas encore. Un amendement en ce sens a été adopté en commission des finances le 7 octobre, mais le texte doit encore être examiné dans l'Hémicycle à partir du 13 octobre. Le gouvernement n'avait pas prévu cette mesure dans son projet de budget.
Le jardinage serait-il épargné comme la garde d'enfants ?
Non. La baisse à 40 % toucherait le jardinage, le ménage, le bricolage et l'assistance informatique. Seules la garde d'enfants et l'assistance aux personnes âgées, dépendantes ou handicapées resteraient à 50 %.
Quel est le plafond de dépenses aujourd'hui ?
Les particuliers récupèrent actuellement 50 % des sommes dépensées dans l'année, dans la limite de 12 000 euros. L'amendement porte sur le taux, de 50 à 40 % pour les activités concernées.
Sources : notretemps.com.





