Verger & arbres fruitiers

« Aucun produit chimique ne doit être utilisé au risque d'empoisonner l'arbre » : selon Le Parisien, sciure au pied du pommier

De la sciure au pied du pommier trahit des larves xylophages. Repérez les signes en 10 minutes par arbre et taillez avant qu'une branche ne casse.

Par Mathieu Doucet ·
« Aucun produit chimique ne doit être utilisé au risque d'empoisonner l'arbre » : selon Le Parisien, sciure au pied du pommier

Vous trouvez de la sciure ou de petits copeaux au pied de votre pommier ? Ce n'est pas anodin : des larves de coléoptères, dont les capricornes, creusent peut-être le bois depuis des mois. Cinq à dix minutes d'inspection suffisent pour le savoir, et pour agir avant qu'une grosse branche ne cède.

En bref

  • Sciure, copeaux ou vermoulure au pied de l'arbre indiquent souvent que des larves creusent déjà le bois à l'intérieur.
  • Une inspection de 5 à 10 minutes par arbre, répétée de mars à septembre, permet de repérer l'attaque très tôt.
  • On taille largement sous les zones creusées, on évacue le bois coupé et on n'emploie aucun produit chimique.

Le chiffre clé : 5 à 10 minutes, le temps d'inspection par arbre et par mois, de mars à septembre.

Ce sont les larves, et non les adultes, qui creusent votre pommier

Une grosse branche qui casse net par temps calme. Un feuillage qui jaunit d'un seul côté. Le réflexe est d'accuser la sécheresse ou le vent. Pourtant, en ouvrant le bois, on découvre parfois un labyrinthe de galeries claires : des insectes y travaillaient en secret depuis des mois.

Au jardin, les principaux coupables sont des coléoptères : capricornes, scolytes, agriles, certaines vrillettes et certains charançons. Le plus souvent, le problème ne vient pas des adultes mais de leurs larves. Elles forgent des galeries dans le bois ou juste sous l'écorce, parfois pendant plusieurs années. La structure s'affaiblit peu à peu, et la sève circule de plus en plus mal.

Ces insectes visent d'abord les arbres déjà fragilisés. Sécheresse, canicule, sol tassé, plaie de taille mal cicatrisée, coup de tondeuse au pied : chacun de ces accidents ouvre la porte. Certains charançons descendent même jusqu'aux racines et au collet, avec un dépérissement brutal à la clé.

Sciure, trous et écorce décollée : le tour du tronc se fait en 10 minutes

Le premier geste est simple : faites le tour du tronc et des charpentières, ces grosses branches maîtresses. Cherchez des petits trous ronds ou ovales, isolés ou alignés. Regardez ensuite le sol et l'écorce : sciure, petits copeaux ou vermoulure signalent souvent une activité larvaire en cours.

Levez ensuite les yeux. Une branche qui dépérit alors que le reste de la ramure reste vert doit vous alerter. Il en va de même pour un feuillage qui jaunit ou sèche plus vite que celui des arbres voisins, ou pour une chute précoce des feuilles. Croisez ces signes avec l'état du tronc.

Où regarderCe qui doit alerter
Tronc et charpentièresTrous ronds ou ovales, isolés ou alignés
Pied de l'arbre et écorceSciure, copeaux, vermoulure
ÉcorceDécollement, fissures, zones qui s'effritent, coulures de sève
RamureBranche qui dépérit, feuillage jaune ou sec, chute précoce

Comptez 5 à 10 minutes par arbre et par mois, de mars à septembre. L'efficacité est jugée excellente à condition de répéter le tour régulièrement. L'erreur à éviter : attendre que les branches cassent, et laisser le bois infesté en tas au pied des arbres.

Taillez sous les parties creusées et évacuez le bois, sans traitement chimique

Dès que vous repérez une zone clairement touchée, taillez largement en dessous des parties trouées ou creusées. Ensuite, évacuez le bois coupé : déchetterie, broyage fin ou brûlage lorsqu'il est autorisé. Le laisser sur place, c'est garder le problème à portée de l'arbre.

L'identification de l'insecte oriente la suite. Pour certains, des nématodes entomopathogènes peuvent être employés. Pour d'autres, on glisse un fin fil de fer dans les galeries accessibles afin de tuer les larves.

« Aucun produit chimique ne doit être utilisé au risque d'empoisonner l'arbre »

Le Parisien

Cette consigne vaut pour votre pommier comme pour les autres fruitiers : le traitement lourd n'est pas la réponse.

Arrosage, paillage et tailles propres forment le meilleur bouclier

La prévention reste le meilleur des remèdes. Puisque les insectes xylophages frappent surtout les arbres stressés, tout ce qui évite le stress compte : un arrosage adapté en période de sécheresse, un paillage au pied, des tailles raisonnables et sans blessures inutiles.

Soyez aussi prudent avec la tondeuse. Un coup au pied de l'arbre est une plaie, donc une invitation. Et un sol tassé fragilise l'arbre autant qu'une canicule.

Enfin, appuyez-vous sur un allié naturel : le grimpereau. Cet oiseau parcourt l'écorce en spirale, du pied à la cime, et peut avaler jusqu'à 3 000 insectes et araignées par jour. Gardez un peu de lierre et quelques vieux troncs au fond du jardin : vous lui offrez un garde-manger, et votre verger gagne un précieux garde du corps.

Vos questions

Quand faut-il inspecter ses arbres fruitiers ?

L'inspection se répète de mars à septembre, à raison de 5 à 10 minutes par arbre et par mois. Plus elle est régulière, mieux elle fonctionne. Elle permet de repérer sciure, trous et galeries avant que la sève ne soit coupée.

Peut-on traiter un pommier attaqué avec un produit chimique ?

Non : aucun produit chimique ne doit être utilisé, au risque d'empoisonner l'arbre. Selon l'insecte identifié, on peut recourir à des nématodes entomopathogènes ou introduire un fin fil de fer dans les galeries accessibles pour tuer les larves.

Que faire du bois coupé sur un arbre infesté ?

Il faut l'évacuer sans attendre : déchetterie, broyage fin ou brûlage lorsqu'il est autorisé. Le laisser en tas au pied des arbres est l'erreur fatale, car le bois infesté reste alors à côté de vos fruitiers.

Sources : aufeminin.com.

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