Bouturer du laurier : méthode selon l’espèce et la saison

Bouturer du laurier consiste à prélever une tige saine pour la faire raciner, mais la méthode change selon l’espèce. Le point décisif est d’identifier d’abord s’il s’agit d’un laurier-rose, d’un laurier-sauce ou d’un laurier-cerise, car la période et le geste ne sont pas les mêmes.
Le mot « laurier » trompe plus de jardiniers qu’il n’aide, parce qu’il mélange en pratique trois plantes différentes. Je le vois souvent sur le terrain : on suit un conseil valable pour un laurier-rose, puis on l’applique à un laurier-sauce ou à un laurier-palme, avec des résultats décevants. Et quand l’objectif est de densifier une haie pour couper un vis-à-vis, comme le font beaucoup de jardiniers avec le laurier-cerise, l’erreur coûte encore plus de temps. Le vrai bon réflexe n’est donc pas de couper tout de suite, mais d’identifier l’espèce avant de choisir la bonne bouture.
En bref : les réponses rapides
Le vrai point de départ : de quel laurier parle-t-on ?
On ne peut pas bouturer un laurier sans préciser l’espèce. Le laurier-rose, le laurier-sauce et le laurier-cerise se ressemblent par le nom, pas par la botanique ni par le bouturage. Avant de suivre un guide, il faut donc identifier la plante, sinon on copie une méthode qui ne colle ni à la saison, ni au bois, ni à l’objectif.
| Nom courant | Nom botanique | Ce que ça change pour le bouturage |
|---|---|---|
| Laurier-rose | Nerium ; selon Wikipedia, c’est la seule espèce du genre | Les conseils SERP visent souvent lui seul : d’après Les Plantes Île-de-France, la fenêtre citée va de août à septembre, avec des tiges d’environ 20 cm selon Binette & Jardin et Ouest-France. |
| Laurier-sauce | Laurus nobilis | C’est le vrai laurier aromatique. On ne raisonne pas comme pour un arbuste fleuri méditerranéen. |
| Laurier-cerise / laurier-palme | Laurier-cerise | Souvent planté en haie ; là, on bouture parfois en série pour fermer un vis-à-vis, pas pour obtenir un seul beau sujet. Wikipedia le signale aussi comme envahissant en Europe occidentale. |
Dans le Sud-Ouest, je vois souvent cette confusion au jardin : on dit “j’ai un laurier”, puis on applique la première vidéo venue. Mauvais réflexe. Entre un laurier-sauce de cuisine, un laurier-rose d’ornement et un laurier-cerise de haie, la vigueur, le type de tige et le but de multiplication changent nettement. Le bon geste commence donc par le nom exact.
Comment être sûr que le conseil de bouturage trouvé en ligne concerne bien mon laurier ?
Pour vérifier qu’un conseil de bouturage concerne bien votre plante, regardez d’abord le nom exact dans le titre et dans le texte, puis l’usage décrit. Un tutoriel sur le Laurier-rose ne vaut pas pour Laurus nobilis, et un guide sur le laurier-palme vise en général le Laurier-cerise. Le mot “laurier” brouille tout. C’est l’erreur la plus fréquente.
- Repérez le nom latin ou le nom complet : Laurus nobilis pour le laurier-sauce, Laurier-rose pour l’arbuste fleuri, Laurier-cerise ou laurier-palme pour la haie persistante.
- Vérifiez l’usage évoqué : feuilles pour la cuisine, fleurs d’été, ou écran végétal de haie ; ce détail suffit souvent à identifier la bonne espèce.
- Méfiez-vous des titres trop larges, du type bouturer du laurier : sans précision botanique, la bouture décrite peut concerner une autre plante.
- Contrôlez les indices techniques : selon Les Plantes Île-de-France, la fenêtre août-septembre citée pour le laurier-rose ne doit pas être copiée automatiquement sur les autres lauriers.
- Recoupez enfin avec une source botanique simple : en verger comme au jardin, je le fais toujours avant de suivre une vidéo, surtout quand les synonymes embrouillent la lecture.

Méthode : bouturer le laurier-rose sans mélanger les repères des autres lauriers
Pour bouturer le laurier-rose, les repères les plus cités vont vers une fin d’été bien calée : août septembre, selon Les Plantes Île-de-France. Côté prélèvement, Binette & Jardin et Ouest-France recommandent des extrémités de tiges d’environ 20 cm, de préférence non fleuries. Ce cadre vaut pour le Laurier-rose, pas pour le laurier-sauce ni le laurier-cerise.
- Prélevez sur un sujet sain des extrémités de tiges souples, non fleuries, d’environ 20 cm, d’après Binette & Jardin et Ouest-France.
- Coupez net sous un nœud, retirez les feuilles du bas, puis gardez peu de feuillage pour limiter l’évaporation.
- Installez la bouture dans un substrat léger et drainant, ou en eau si vous voulez surveiller l’émission des racines.
- Placez à lumière vive sans soleil brûlant, avec chaleur douce et humidité régulière. Pas d’excès d’eau.
- Intervenez idéalement entre août et septembre, fenêtre citée par Les Plantes Île-de-France, pour favoriser l’enracinement.
Dans mon coin du Périgord, cette méthode marche mieux quand on évite les tiges trop tendres ou déjà fatiguées par la floraison. Le vrai piège est ailleurs. On dit laurier, mais on mélange tout. Or les conseils vus pour le laurier-rose ne se transfèrent pas automatiquement aux autres lauriers, qui n’ont ni la même espèce, ni le même rythme, ni les mêmes usages au jardin.
Laurier-sauce et laurier-cerise : mêmes gestes de base, objectifs très différents
Le laurier-sauce et le laurier-cerise se bouturent tous deux, mais pas avec la même intention. Le premier relève souvent d’une logique de plante utile, aromatique et ornementale. Le second, surtout en haie, répond fréquemment à un besoin de multiplication en série pour couper un vis-à-vis et fermer rapidement l’espace.
Pour le laurier-sauce, le vrai repère botanique est Laurus nobilis, d’après Wikipedia. On cherche en général à reproduire un beau pied condimentaire, celui qu’on garde près de la cuisine d’été ou à l’entrée d’une terrasse. Le geste reste simple, mais la sélection du sujet mère compte beaucoup : parfum du feuillage, port équilibré, bonne rusticité locale. En Périgord, j’en vois souvent bouturés pour transmettre le bon laurier de la maison, pas pour planter en masse.
Le laurier-cerise, ou laurier-palme, change complètement la logique. Un amateur l’expliquait très bien dans une vidéo : il ne bouturait pas pour obtenir un sujet isolé, mais pour épaissir une haie et réduire le vis-à-vis avec le voisin. Là, dans un guide pratique, on raisonne en série : davantage de boutures, une taille homogène, et une reprise régulière pour éviter les trous. Reste un point de vigilance : selon Wikipedia, le Laurier-cerise est considéré comme envahissant en Europe occidentale et en Amérique du Nord. Mieux vaut donc bouturer juste, sans le disséminer inutilement.
Prélever des boutures sans erreur : la check-list avant de couper
Avant de prélever des boutures, vérifiez trois points : identifier l’espèce, clarifier l’objectif de multiplication, puis contrôler que le conseil lu parle bien de votre plante. C’est la vraie base d’un guide pratique fiable, car une astuce valable pour le Laurier-rose ne se transpose pas automatiquement à Laurus nobilis ni au Laurier-cerise.
- Notez le nom exact de la plante : Laurus nobilis pour le laurier-sauce, et non un simple “laurier” pris au hasard.
- Relisez la source suivie : selon Les Plantes Île-de-France, le bouturage du Laurier-rose se cale entre août et septembre, avec des tiges d’environ 20 cm d’après Binette & Jardin / Ouest-France.
- Vérifiez la photo. Feuille, port, nervures : si l’image ne ressemble pas à votre sujet, stoppez la coupe.
- Définissez la finalité : un plant isolé, ou une série pour fermer une haie, comme on le voit souvent avec le Laurier-cerise.
- Pensez déjà à la transplantation future : une croissance réussie commence par une bouture cohérente avec l’espace final.
Peut-on vraiment bouturer du laurier sans connaître l'espèce exacte ?
Je le déconseille. Sous le nom laurier, on mélange souvent laurier-rose, laurier-sauce et laurier-cerise, alors que leur bouturage, leur période idéale et même leurs usages diffèrent. Avant de bouturer, il vaut mieux identifier l’espèce pour éviter un mauvais geste, un mauvais substrat ou une attente inutile. C’est la base d’un guide fiable.
Comment reconnaître si mon laurier est un laurier-rose, un laurier-sauce ou un laurier-cerise ?
Le laurier-rose a des feuilles longues, étroites et coriaces, souvent en verticilles, avec des fleurs très visibles. Le laurier-sauce porte des feuilles aromatiques, plus souples, utilisées en cuisine. Le laurier-cerise a des feuilles larges, luisantes, épaisses, rappelant un arbuste de haie. Cette distinction change totalement la méthode de bouture.
Quelle période est citée pour bouturer le laurier-rose ?
Pour le laurier-rose, la période la plus souvent citée va de la fin du printemps à l’été, quand les tiges sont bien formées mais pas trop dures. Beaucoup jardiniers réussissent entre juin et août. L’idée est de prélever une tige saine, hors floraison si possible, dans une phase active favorable à l’enracinement.
Quelle longueur de tige est recommandée pour une bouture de laurier-rose ?
On recommande souvent une tige d’environ 10 à 15 cm pour une bouture de laurier-rose. Je choisis une pousse saine, semi-aoûtée, sans fleur, avec quelques feuilles à l’extrémité. En retirant les feuilles du bas, on limite l’évaporation et on favorise l’émission de racines, en eau ou dans un substrat léger.
Pourquoi les conseils trouvés en ligne sur le laurier-palme ne valent-ils pas pour le laurier-sauce ?
Parce que le laurier-palme, ou laurier-cerise, n’est pas le laurier-sauce. Le premier est surtout un arbuste de haie, vigoureux, souvent multiplié en série. Le second est une plante aromatique au comportement différent. Copier les mêmes conseils de bouturage, de période ou de substrat conduit souvent à des échecs ou à des attentes trompeuses.
Le laurier-cerise est-il adapté à une multiplication en série pour créer une haie ?
Oui, le laurier-cerise se prête bien à une multiplication en série, notamment pour produire des plants de haie homogènes à moindre coût. Son bouturage est courant chez les jardiniers comme en pépinière. Il faut toutefois partir de pieds sains, car une haie clonée reproduit aussi les faiblesses éventuelles du plant mère.
Pour bien bouturer du laurier, retenez une règle simple : ne partez jamais du nom courant, partez de l’espèce. C’est elle qui détermine la bonne saison, le type de rameau et la méthode la plus fiable. Si vous avez un doute entre laurier-rose, laurier-sauce et laurier-palme, commencez par l’identification, puis lancez vos boutures en petite série pour comparer les reprises. C’est le moyen le plus sûr d’obtenir des plants vigoureux sans perdre une saison.
Mis à jour le 12 mai 2026





